Tous les chiffres de cet article sont issus de notre étude 2026 sur la vidéo, menée auprès de 688 professionnels du marketing et de la communication.
87,4% des équipes marketing et communication utilisent déjà l'IA dans leur workflow vidéo. Sur le papier, l'adoption est presque totale.
Dans les faits, l'IA reste cantonnée aux tâches périphériques. Elle rédige des sous-titres, génère des idées de script, traduit une voix off. Elle ne crée quasiment jamais la vidéo elle-même. Et le temps gagné tâche par tâche ne se traduit pas forcément par une publication plus rapide.
Pour quelles tâches les équipes utilisent-elles l'IA
Les équipes utilisent l'IA en priorité pour les sous-titres, traductions et voix off (58%), puis pour la génération d'idées ou de scripts vidéo (57%). La création ou le montage du contenu vidéo lui-même arrive loin derrière, à 36%.
Le recyclage de contenu (extraits, résumés) suit à 30%. 12% des équipes n'utilisent pas l'IA du tout, et 10% l'ont testée sans succès.
Ce classement dessine une frontière nette : l'IA gère aujourd'hui ce qui entoure la vidéo (texte, traduction, idéation), pas encore ce qui la constitue.
L'IA fait-elle vraiment gagner du temps sur la production vidéo
75,6% des équipes disent que l'IA leur fait gagner du temps en création vidéo.
Mais ce chiffre cache une réalité plus contrastée :
- seules 30,8% qualifient ce gain de significatif (jusqu'à moitié moins de temps),
- contre environ 45% qui parlent d'un gain modeste,
- et 14% qui ne constatent aucun impact réel.
L'IA aide donc la majorité des équipes, mais rarement de façon décisive.
Pourquoi ce gain de temps ne se traduit pas en publication plus rapide
Le temps gagné grâce à l'IA se perd ailleurs dans le workflow : dans les cycles de validation, les transmissions entre équipes et les allers-retours entre outils.
L'IA fait gagner du temps tâche par tâche, mais ces gains ne s'accumulent pas automatiquement en une publication plus rapide.
Le goulot d'étranglement n'est donc pas la vitesse d'exécution d'une tâche isolée, mais la façon dont les tâches s'enchaînent autour d'elle.
Pourquoi si peu d'équipes utilisent l'IA pour créer la vidéo elle-même
Seules 36% des équipes utilisent l'IA directement dans l'étape de création ou de montage, contre 58% pour les sous-titres et 57% pour l'idéation.
Cet écart n'est pas anodin : il montre que la confiance dans l'IA reste plus forte sur des tâches support, encadrées et faciles à vérifier, que sur l'acte de création lui-même.
Tant que ce plafond de confiance ne bouge pas, l'adoption massive de l'IA continuera de coexister avec des workflows de production qui restent, pour l'essentiel, inchangés.